« Retour au blog de lacontrebasse

[un article en Hommage à Mstislav Rostropovitch.]

[un article en Hommage à Mstislav Rostropovitch.]
.
ROSTROPOVITCH, "ROI DES VIOLONCELLISTES", MEURT À 80 ANS




> MOSCOU (Reuters) - Le violoncelliste et chef d'orchestre russe Mstislav Rostropovitch, qui a incarné aux yeux du monde entier la lutte pour les libertés artistiques sous l'ère soviétique, s'est éteint à Moscou à l'âge de 80 ans.
> "C'est avec une grande tristesse que l'Agence fédérale pour la culture doit annoncer qu'en ce 27 avril, le grand musicien Mstislav Rostropovitch est mort", a déclaré un porte-parole de l'Agence fédérale pour la culture.
> Son décès a été annoncé quatre jours après celui d'un ami du musicien, l'ancien président Boris Eltsine, qu'il avait rejoint sur les barricades pour défendre le siège du gouvernement durant le putsch avorté des "durs" du parti communiste en 1991.
> Selon des agences de presse russes, Rostropovitch est décédé dans un hôpital de Moscou des suites d'une longue maladie. D'après l'une des agences, il sera inhumé au cimetière Novodevitchi de Moscou, où Eltsine a été mis en terre mercredi en grande pompe.
> Le mois dernier, Rostropovitch avait fait une apparition au Kremlin, où son 80e anniversaire était fêté en présence du président Vladimir Poutine. D'une voix vacillante, le musicien avait fait une brève déclaration.
> "Je suis l'homme le plus heureux. Ma famille et mes collègues sont ici avec moi en ce jour", a-t-il dit. En février, il avait été hospitalisé à Moscou mais sa secrétaire avait déclaré que sa vie n'était pas en danger.



CONCERT HISTORIQUE PRÈS DU MUR DE BERLIN


> Celui qu'on surnommait le "roi des violoncellistes" avait acquis la réputation d'un champion des droits de l'homme à l'époque soviétique. Le Kremlin l'avait déchu de sa citoyenneté en 1978 pour "activités antipatriotiques", selon les journaux d'Etat de l'époque.
> Avec son épouse, la soprano Galina Vichnevskaïa (*), il a toujours refusé d'accepter cette décision et sa disparition concomitante des archives culturelles soviétiques. "Nous nous considérons comme des citoyens qui n'ont rien fait contre leur peuple (...), nous demeurons des Russes et des Soviétiques", a-t-il dit à l'époque.
> Il était ami de l'écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne, dont il a pris la défense face au régime soviétique au risque de se mettre en délicatesse avec le Kremlin, comme il l'a fait aussi pour le dissident Andreï Sakharov.
> Un an avant l'effondrement de l'Union soviétique, en 1990, Rostropovitch avait recouvré sa citoyenneté, sous la perestroïka. Depuis lors, il partageait son temps entre la Russie, les Etats-Unis et la France. Son épouse dirigeait avec lui une fondation à but caritatif.
> Quelques jours après la chute du Mur, le musicien prenait son violoncelle et partait à Berlin pour un concert inattendu à côté des restes de ce symbole honni du régime communiste est-allemand. "C'était un appel du coeur", a-t-il expliqué.



UNE FAMILLE DE MUSICIENS


> Né à Bakou, dans la république soviétique d'Azerbaïdjan, le 27 mars 1927, "Slava" montre de grandes aptitudes musicales dès son plus jeune âge. Son père enseigne le violoncelle et sa mère, une pianiste accomplie, l'initie au piano dès quatre ans.
> Pianiste et compositeur compétent, il décide de se consacrer au violoncelle, auquel il s'initie à partir de huit ans. En 1943 il entre au Conservatoire de Moscou, où il progresse rapidement. Le Philharmonique de Moscou l'invite à jouer à 19 ans.
> Alors que sa carrière n'en est encore qu'à ses débuts, il se voit accorder un privilège rare pour un citoyen soviétique: celui de pouvoir se rendre à l'étranger.
> Sergueï Prokofiev (*), Dmitri Chostakovitch (*) et le Britannique Benjamin Britten (*), un proche ami, composent tous pour lui. Britten écrit la partie soprano de son "War Requiem" en pensant tout particulièrement à Vichnevskaïa, que Rostropovitch a épousée en Pologne en 1955.
> Devenu professeur au Conservatoire de Moscou en 1960 - à un âge record pour l'époque en Urss - le violoncelliste reçoit de nombreuses distinctions, dans son pays comme à l'étranger.
> Rostropovitch quitte la Russie de son propre chef en 1974, quatre mois après l'exil forcé de Soljenitsyne, jeté dans un avion en direction de l'Allemagne de l'Ouest. L'écrivain s'installera finalement aux Etats-Unis.
> Quand il quitte la Russie, le violoncelliste dit qu'il n'y retournera que quand une liberté artistique totale régnera en Urss. Officiellement, on lui a délivré un visa de sortie pour "une longue tournée de concerts".
> D'abord il se rend en Grande-Bretagne, où son épouse et ses deux enfants le rejoignent. Il est nommé directeur musical du National Symphony Orchestra à Washington en 1977 et directeur artistique du festival de musique d'Aldeburgh, en Angleterre, fondé par Britten.
> Le président français, Jacques Chirac, a estimé que "sa vie, qu'il a façonnée comme une oeuvre d'art, a éclairé l'histoire de notre temps, celle de la Russie et celle de la liberté".
> Deux mois avant sa mort, le président Poutine lui avait décerné une médaille pour services rendus à la patrie, pour sa "contribution exceptionnelle au développement de l'art musical mondial et pour ses nombreuses années de travail créatif".


par Dmitry Solovyov.



article pris sur le site du journal Le Monde > (*)
...pour plus d'informations sur Mstislav Rostropovitch (wikipedia) > (*)




...c'est toute la musique, qui est en deuil...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le lundi 30 avril 2007 09:08
Modifié le mardi 01 mai 2007 03:16

« Article précédent : (Contrebassiste Jazz : Henri Texier)

Article suivant : photo 139 »